"Je n'ai pas de trauma mais mon vagin se ferme quand même. Pourquoi je fais du vaginisme ?"
- scarlett kaplan
- 18 déc. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 déc. 2025

Vous vous demandez : Et moi ? Je n'ai pas de trauma. Je n'ai pas subi d'abus. Pourquoi mon vagin se ferme alors ?
Et vous commencez à paniquer. Vous cherchez un trauma qui n'existe pas. Vous vous demandez si vous êtes "bloquée" psychologiquement. Vous culpabilisez de ne pas avoir une "bonne raison" d'avoir du vaginisme.
Arrêtez.
Le vaginisme n'est pas toujours lié à un trauma. Et vous n'avez peut-être pas de trauma caché qu'il vous faut découvrir.
Le mythe : "Vaginisme = Forcément trauma"
Beaucoup de femmes pensent ça parce que :
Les articles parlent beaucoup du vaginisme traumatique (c'est spectaculaire)
Les thérapeutes spécialisés en trauma parlent de leurs cas
Les réseaux sociaux amplifient les histoires les plus dramatiques
Résultat : Vous pensez que si vous avez du vaginisme, vous DEVEZ avoir un trauma. Et si vous n'en trouvez pas, vous vous sentez étrange, ou vous en inventez un.
La réalité : Le vaginisme traumatique, c'est environ 30-40% des cas. Les 60-70% restants ? Postural, émotionnel, ou une combinaison.
Les 3 vraies causes du vaginisme (trauma ou pas)
1. Vaginisme posturale (15-20% des cas)
C'est simplement une tension chronique dans les muscles du bassin. Pas de trauma nécessaire.
D'où ça vient :
Une mauvaise posture chronique
Une tension du bas du dos, des fessiers
Une cicatrice après accouchement qui tire
Un déséquilibre pelvien
Le stress quotidien accumé dans le corps
Caractéristiques :
Vous êtes tendue partout dans votre corps
Vous n'avez aucun trauma, pas d'abus, pas d'agression
Même détendue mentalement, le corps reste fermé
Les dilatateurs progressent un peu, puis ça se referme
→ C'est purement musculaire. Rien à voir avec le trauma.
2. Vaginisme émotionnel (30-40% des cas)
C'est une peur, une appréhension, une croyance bloquante. Pas un trauma, juste de l'émotionnel.
D'où ça vient :
Peur de la douleur (sans l'avoir vécue)
Honte ou culpabilité par rapport à la sexualité
Croyances religieuses ou familiales restrictives
Une première expérience négative (maladroite, inconfortable) mais pas abusive
Attentes de performance, pression sociale
Caractéristiques :
Vous n'avez pas d'antécédent trauma
Les dilatateurs progressent quand vous êtes seule
Dès qu'il y a pression (partenaire, enjeu), ça se ferme
C'est une peur consciente, pas une réaction phobique
→ C'est émotionnel. Aucun rapport avec un trauma.
3. Vaginisme traumatique (30-40% des cas)
C'est une protection du système nerveux après un trauma sexuel. Seul celui-ci a besoin d'un antécédent.
D'où ça vient :
Viol, agression, inceste, violences sexuelles
Abus sexuel dans l'enfance
Violences conjugales
Caractéristiques :
Vous avez un historique clair d'abus ou d'agression
Votre réaction dépasse la logique
Le corps refuse, même quand mentalement vous dites oui
C'est involontaire et intense
→ C'est traumatique. Celui-ci a besoin d'un antécédent.
Tableau : Qu'est-ce qui cause le vaginisme SANS trauma ?
Cause | Est-ce un trauma ? | D'où ça vient | Comment c'est ? |
Posturale | ❌ Non | Tension musculaire, posture, stress physique | Contraction involontaire des muscles |
Émotionnelle | ❌ Non | Peur, honte, croyances, première expérience négative (non-abusive) | Interrupteur émotionnel qui se coupe |
Traumatique | ✅ Oui | Viol, agression, inceste, abus, violences | Réaction de protection du système nerveux |
Pourquoi vous pensez avoir un trauma (alors que vous n'en avez pas)
Si vous n'avez pas de trauma clair, vous faites peut-être partie de ceux qui cherchent en arrière pour "expliquer" le vaginisme.
Voici ce qui se passe :
Vous avez une première expérience sexuelle maladroite → elle vous fait mal ou elle est inconfortable → vous développez une peur de ça → votre corps se ferme.
C'est pas un trauma. C'est une peur émotionnelle.
Mais parce que vous avez lu que "vaginisme = trauma", vous relisez votre histoire. Et soudain, cette première expérience maladroite devient "pas vraiment consentie" ou "violente". Vous l'amplifie rétrospectivement.
Arrêtez de chercher un trauma qui n'existe pas.
Si vous n'avez pas subi d'abus clair, d'agression, de viol, d'inceste — vous n'avez probablement pas de trauma sexuel. Vous avez probablement :
Une contraction posturale
Une peur émotionnelle
Ou les deux
Et ça se traite très différemment qu'un trauma.
Comment savoir si c'est posturale ou émotionnelle (sans trauma)
Si c'est posturale :
✅ Vous êtes tendue partout dans votre corps, pas juste au vagin
✅ Même complètement détendue mentalement (vacances, méditation), le corps reste fermé
✅ Vous avez des tensions lombaires, des fessiers contractés, une mauvaise posture
✅ Une kiné a identifié des problèmes posturaux
✅ Vous n'avez aucune peur consciente — le corps se ferme sans raison "logique"
→ Solution : Kiné spécialisée en périnée, ostéopathie, travail postural
Si c'est émotionnel :
✅ Vous progressez avec les dilatateurs quand vous êtes seule, sans pression
✅ Dès qu'il y a un partenaire, ou que vous pensez au "vrai" rapport, ça se ferme
✅ Vous avez une peur consciente : peur de la douleur, honte, culpabilité
✅ C'est un interrupteur psychologique — dès que la pression arrive, ça s'éteint
✅ Vous êtes détenue dans le reste du corps
→ Solution : Travail émotionnel (EFT, cohérence cardiaque, sexothérapie)
Si c'est une combinaison :
✅ Vous êtes tendue physiquement ET vous avez une peur émotionnelle
✅ Les deux se renforcent mutuellement
→ Solution : Les deux approches en parallèle
Ce qu'on vous cache : le vaginisme sans trauma est très courant
Environ 60-70% des cas de vaginisme ne sont pas liés à un trauma.
Mais on parle moins de ceux-là. Pourquoi ?
Parce que :
C'est moins "spectaculaire" que de survivre à un viol et de se reconstruire
Les thérapeutes spécialisés en trauma parlent de leurs patients trauma
Les articles clickbait adorent les histoires dramatiques
Les réseaux sociaux amplifient les cas extrêmes
Résultat : Vous pensez que le vaginisme = trauma. Et vous commencez à chercher un trauma qui n'existe pas.
Pourquoi c'est important de distinguer
Parce que la solution est complètement différente.
Pour le vaginisme posturale :
Kiné, ostéopathie, travail postural
Pas de psychothérapie trauma
Pas de dilatateurs seuls
Pour le vaginisme émotionnel :
Travail émotionnel, EFT, cohérence cardiaque
Sexothérapie
Pas de kiné spécialisée en trauma
Les dilatateurs peuvent aider progressivement
Pour le vaginisme traumatique :
Traitement du trauma : EMDR, hypnose, thérapie spécialisée
PAS de dilatateurs tant que le trauma n'est pas traité
Puis réapprivoisement progressif
Si vous cherchez un trauma qui n'existe pas, vous consultez peut-être les mauvais professionnels. Et vous restez bloquée.
L'essentiel : vous n'avez pas besoin d'un trauma pour avoir du vaginisme
Répétez-vous ça :
Je n'ai pas de trauma. Je n'ai pas besoin d'inventer un. Mon vaginisme est réel, mais sa cause est différente. Et une fois que je l'identifie, je peux le résoudre.
Vous êtes peut-être posturalement bloquée — c'est physique, c'est résolvable.
Vous êtes peut-être émotionnellement bloquée — c'est une peur, c'est résolvable.
Vous êtes peut-être les deux — c'est résolvable.
Mais vous n'êtes pas "cassée" parce que vous n'avez pas d'abus dans votre histoire.
Solutions claires (sans trauma)
Pour le vaginisme posturale (sans trauma) :
Consulter une kiné spécialisée en périnée
Travailler sur votre posture globale
Ajouter de l'ostéopathie si besoin
Oui, les dilatateurs peuvent aider AVEC le travail postural
Pour le vaginisme émotionnel (sans trauma) :
Identifier votre peur : qu'est-ce qui vous bloque vraiment ?
Travailler émotionnellement : EFT, cohérence cardiaque
Consulter une sexothérapie pour réapprivoiser progressivement
Les dilatateurs peuvent aider progressivement, sans forcer
Si c'est les deux :
Même stratégie, en parallèle. Kiné ET travail émotionnel.
Découvrez la méthodologie complète dans mon livre Vaginisme : comprendre et débloquer, pas à pas — vous comprendrez votre cause réelle, sans chercher un trauma qui n'existe pas. Et si vous n'avez pas envie de rester seule avec ça, ou si vous voulez un accompagnement plus personnalisé, les consultations sont possibles.


