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Anorgasmie : arrêtez de chercher l'orgasme !

C'est le vrai paradoxe de l'anorgasmie, j'explique :


Vous avez appris une chose depuis longtemps : si vous cherchez assez fort, vous trouvez. Si vous travaillez assez dur, vous gagnez. Si vous vous concentrez assez, vous réussissez.

Ça marche pour presque tout.

Ça ne marche pas pour l'orgasme.

Parce que l'orgasme n'est pas une récompense qui attend au bout d'une ligne droite. Ce n'est pas un prix que vous gagnez si vous êtes assez diligente, assez excitée, assez de "tout".


L'orgasme est un animal sauvage.


Et le moment où vous avez compris qu'il fallait que vous le trouviez — le moment où vous avez décidé de le chercher — c'est le moment où il s'est enfui.


Vous cherchez. Votre cerveau aussi.


Voici ce qui se passe vraiment quand vous essayez d'avoir un orgasme.

Vous êtes au lit. Vous commencez. Et rapidement, votre attention se divise.

Une partie de vous essaie de sentir le plaisir. Mais l'autre partie — la plus consciente, la plus vigilante — cherche l'orgasme.


"Est-ce que ça vient ? Est-ce que je me rapproche ? Pourquoi ça ne vient pas ? Est-ce que mon partenaire pense que ça prend trop longtemps ? Est-ce que je fais quelque chose de mal ? Peut-être que si je pense à quelque chose d'autre... Non, attends, je dois sentir ce qui se passe."


Votre cerveau devient un radar en alerte. En quête. En chasse.


Et pendant que votre cerveau chasse, votre corps se ferme.


Parce que le corps ne peut pas à la fois sentir du plaisir et chercher désespérément le plaisir. Ce sont deux états opposés.


C'est exactement ce que montre la recherche : près de 43% des femmes rapportent de l'angoisse ou de l'anxiété pendant les rapports sexuels — ce qui bloque directement l'accès au plaisir.


La boucle infernale de l'anorgasmie : chercher → angoisse → pression → rien


Faux Conseil

Vraie Approche

Le problème

"C'est juste dans ta tête"

Votre système nerveux en alerte

La solution

Relaxe-toi, fais un effort

Arrête de chercher, apprends à surfer

Le résultat

Plus tu essaies, plus ça fuit

Plus tu te calmes, plus ça s'approche

Qui la propose

La plupart des "conseils"

Approche basée sur les neurosciences


C'est une boucle qui s'auto-alimente.


Vous cherchez l'orgasme.


Parce que vous le cherchez, vous avez peur de ne pas le trouver.


Parce que vous avez peur, votre système nerveux se met en alerte.


Parce que votre système nerveux est en alerte, le plaisir devient inaccessible.


Parce que le plaisir est inaccessible, vous cherchez encore plus fort.


Et la roue tourne. Encore. Et encore.


Chaque tentative renforce le message : "Je dois le trouver. Je dois le produire. Je dois le forcer."


Et chaque fois que vous ne le trouvez pas, ça se renforce aussi : "Quelque chose ne va pas chez moi. Je dois essayer plus fort."


Plus vous essayez, plus vous angoissez. Plus vous angoissez, plus c'est loin.


Pourquoi l'orgasme est un animal sauvage


Pour comprendre vraiment, il faut comprendre que l'orgasme ne naît pas de la force. Il naît de la sécurité.


Un animal sauvage ne s'approche que si vous:

  • Arrêtez de le chasser

  • Vous asseyez tranquille

  • Créez un espace sûr

  • Attendez patiemment


Si vous vous précipitez vers lui, il fuit. Si vous lui posez un piège, il sens le danger. Si vous calmez votre respiration et vous restez présente — parfois, il s'approche.


L'orgasme fonctionne pareil.


Tant que vous le poursuivez, tant que vous le guettez, tant que vous vous demandez "pourquoi ça ne vient pas" — il a une raison de rester loin. Parce que vous êtes en mode chasse. Et un animal sauvage le sent.


Un renard mal apprivoisé qui échappe à la femme anorgasmique


Le faux conseil : "Détends-toi, lâche prise"


On vous l'a probablement dit. Plusieurs fois.

"Détends-toi. Lâche prise. Arrête de penser. Sois présente."

Comme si c'était une décision consciente. Comme si vous pouviez simplement choisir de ne pas penser à l'orgasme.

C'est comme rester au bord de la mer et attendre que l'eau clapote sur vous — puis avaler la tasse en vous disant "mais détends-toi !"

La passivité ne marche pas. Parce que vous n'êtes pas passive. Vous êtes active. Vous essayez. Vous cherchez.

C'est juste que vous cherchez la mauvaise chose.


La vraie approche contre l'anorgasmie : apprendre à surfer


Le surf, c'est complètement différent de rester passif sur la plage.

Quand vous surfez, vous n'attendez pas. Vous n'êtes pas passive. Vous n'abandonnez rien.

Mais vous ne poursuivez rien non plus.

Vous comprenez les vagues. Vous repérez où elles vont. Vous placez votre focus au bon endroit. Vous apportez votre calme intérieur pour ne pas paniquer quand vous êtes dedans.

Vous travaillez avec la vague. Pas contre elle. Pas en la forçant. En la comprenant et en y participant intelligemment.

C'est ça, apprendre à surfer l'orgasme.


Ce que cela signifie :


1. Comprendre les vagues

Votre propre physiologie. Comment fonctionne votre excitation. Vos sensations réelles, pas celles que vous croyez devoir avoir.


2. Mettre votre focus au bon endroit

Pas sur le résultat (l'orgasme). Sur le processus. Sur ce que vous sentez maintenant. Ici. Pas où vous voulez arriver.


3. Apporter votre calme

Votre système nerveux doit être calme assez pour accéder au plaisir. Si vous êtes en panique — en quête — vous êtes trop en alerte.

Cet équilibre entre participation active et calme intérieur, c'est ce qui permet à l'animal sauvage de s'approcher.



Femme qui surfe, calme, équilibrée. Vague douce. Sourire. Mouvement fluide. Pas d'anorgasmie


Les pensées qui tournent en boucle : le vrai piège de l'anorgasmie


C'est probablement ce qui vous bloque le plus.

Vous êtes au lit. Et votre cerveau devient un hamster sur une roue :

"Est-ce que ça vient ? Non, ça ne vient pas. Pourquoi ? Peut-être que je fais quelque chose de mal. Peut-être que mon partenaire pense que ça prend trop longtemps. Peut-être que je suis frigide. Peut-être que je devrais penser à quelque chose de plus excitant. Mais non, je devrais être présente. Pourquoi je ne suis pas excitée ? Peut-être qu'il n'est pas assez doué. Non, arrête, c'est pas sa faute. C'est la mienne. Je dois me relaxer. DÉTENDS-TOI. Mais comment on se détend en demandant à son cerveau de se détendre ?"

Et pendant que votre cerveau fait ça — vous êtes nulle part. Vous n'êtes pas dans votre corps. Vous êtes dans votre tête, en panique.


Ce cycle de pensées est la prison.

Et pour en sortir, il faut une interruption consciente.

Pas juste : "Arrête de penser."


Mais : Sens ce qui se passe. Ici. Maintenant. Laisse les pensées passer comme des nuages.


C'est la pratique du surf. Les pensées viennent (comme des vagues). Vous ne les combattez pas. Vous ne les poursuivez pas. Vous restez sur votre planche — ancrée au moment présent.



Tête avec des pensées qui tournent en cercle (points d'interrogation, mots "pourquoi", "peut-être"


Ce que la plupart des thérapeutes font mal


Ils disent : "Communique mieux avec ton partenaire. Dis-lui ce que tu veux."


Ou : "C'est peut-être psychologique. Tu dois travailler sur ton enfance."


Ou : "Essaie des sextoys plus puissants. Ou un partenaire différent."


Ce ne sont pas des mensonges. Mais ce ne sont pas la source.


La source, c'est votre rapport à la quête elle-même.


Tant que vous êtes en mode "Je dois trouver l'orgasme", aucun sextoy, aucun partenaire, aucune conversation ne va le débloquer.


Parce que le problème n'est pas le sextoy. C'est votre système nerveux en panique.


Ma méthode : désactiver la quête


Ce que je fais en cabinet, c'est vraiment simple :


1. On identifie la boucle

D'où vient cette conviction que vous devez le forcer ? Quand ça a commencé ? Que dit votre famille sur le plaisir ? Qu'a-t-on implicitement dicté sur la sexualité ?


2. On vous apprend à "surfer"

Avec des exercices concrets. Respiration. Focalisation sensorielle. Présence.


3. On travaille sur le couple (si pertinent)

Parce que parfois, la pression silencieuse du partenaire ajoute du poids. On clarifie. On éclaircit. On libère la pression.


4. On renormalise le plaisir

Sans objectif. Juste des sensations. Juste de la présence.

Et souvent — après 4-6 semaines de pratique — les choses bougent. Pas toujours un orgasme complet. Mais une présence. Une sensation. Une ouverture.

Et c'est de là que l'animal sauvage commence à s'approcher.


Timeline ou graphique montrant progression sur 4-6 semaines. Courbe montante douce. De la tension vers le calme. De la lutte contre l'anorgasmie



3 outils à commencer maintenant


Outil 1 : La respiration 6-4-2


Avant l'intimité.

Inspirez 4 secondes par le nez. Retenez 2 secondes. Expirez 6 secondes par la bouche (lentement).

Répétez 10 fois.

Ça calme votre système nerveux immédiatement. Votre corps comprend : "On est en sécurité. On peut se détendre."



Outil 2 : Le "focus shift"


Pendant l'intimité, si vous sentez que vous cherchez :

Posez-vous cette question simple : "Qu'est-ce que je sens maintenant ?"

Pas : "Est-ce que ça vient ?"

Juste : "Qu'est-ce que je ressens ?" Texture, chaleur, contact.

Restez 3 minutes là-dessus. Puis continuez.

C'est un petit geste. Ça recentre tout.


Outil 3 : L'interdiction d'orgasme (paradoxalement)


Donnez-vous la permission consciente de ne pas l'avoir.

"Je n'ai pas besoin d'orgasme aujourd'hui. Mon objectif c'est de sentir. C'est tout."

Ça paraît contre-intuitif. Mais c'est puissant.

Parce que souvent, le moment où vous arrêtez de chercher — c'est le moment où il devient possible.


Questions fréquentes


Combien de temps avant de voir un changement ?

Ça dépend de l'intensité de votre angoisse et de vos croyances. Certaines femmes voient quelque chose bouger en 3-4 semaines. D'autres ont besoin de 2-3 mois. Ce qui compte, c'est la constance du travail.

Est-ce que mon partenaire doit venir aussi ?

Pas obligatoire. Mais souvent, ça aide. Parce que si votre partenaire comprend aussi la boucle — il peut arrêter d'ajouter de la pression silencieusement. → Consultation couple

Et si c'est vraiment un problème médical (hormones, médicaments) ?

Commencez par vérifier avec un gynécologue. Mais honnêtement, même quand il y a quelque chose physiologiquement, la pression psychologique joue presque toujours un rôle majeur. → Lire : Anorgasmie et médicaments (lien futur)

Est-ce qu'il y a une chance que l'orgasme ne revienne jamais ?

Oui, c'est possible. Et c'est OK. Mais avant de renoncer, il vaut le coup de vraiment essayer le surf. Parce que souvent, les femmes découvrent qu'elles pouvaient l'avoir — elles cherchaient juste trop fort.

Je fais semblant depuis longtemps. Comment j'arrête sans blesser mon partenaire ?

C'est une conversation à avoir. "J'ai réalisé que j'ai fait semblant. Ce n'était pas ta faute. C'était pour me protéger. Je voudrais être honnête maintenant." La plupart des partenaires préfèrent honnêteté à mensonges. → Lire : Comment parler d'anorgasmie à son partenaire (lien futur)

Est-ce qu'on a vraiment besoin d'orgasme pour une relation saine ?

Non, rien n'est "vraiment important" dans la vie. Mais se comprendre et se transcender, je ne sais pas pour vous, mais je pense que c'est en réalité une des choses les plus importantes. L'orgasme, c'est moins important que manger. Mais c'est plus important que beaucoup de choses matérielles. Si ça compte pour vous — si cette question vous hante — il vaut le coup de l'explorer.

Si vous êtes prête à surfer


Si vous sentez que c'est le moment d'arrêter de chercher et de commencer à comprendre — je suis là.

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